Mathieu Gines titré dès dimanche à Carole ?

C’est le sprint final en championnat de France de Superbike. Dès ce week-end, sur le circuit de Carole en région parisienne, Mathieu Gines pourrait apporter à l’écurie berruyère Tecmas-BMW son deuxième titre en catégorie reine après celui conquis en 2017 par Kenny Foray.

Avec 47 points d’avance sur Maurin et Ponsson et alors qu’il ne reste plus que quatre courses à disputer, à Carole ce week-end et à Albi les 14 et 15 septembre, Mathieu Gines peut voir venir. Sachant qu’un pilote ne peut marquer que 55 points maximum par week-end (2 fois 25 pour une victoire, 3 pour la pole position du samedi et un pour chaque meilleur tour en course), le protégé de Michel Augizeau pourrait être sacré dès dimanche soir. C’est d’autant plus plausible que cette fois, Kenny Foray sera là, qui privera sans doute indirectement les adversaires directs de Mathieu de quelques gros points. Pour Kenny Foray, cela ne fait aucun doute : « Mathieu a toutes les cartes en mains pour s’emparer du titre. Il n’a pas besoin de moi pour y parvenir. Il est suffisamment fort ; il l’a prouvé dernièrement à Magny-Cours… ». Le champion 2017 fait le point.

Kenny Foray n’a pas de regrets

« Kenny, en FSBK, en six courses, tu es monté à cinq reprises sur le podium, dont quatre fois sur la plus haute marche. Tout en n’étant présent que sur trois meetings sur cinq, tu es quand même 4e au championnat. Devant de telles statistiques, ne regrettes-tu pas de ne pas avoir disputé le championnat dans sa totalité ?

« Absolument pas ! J’aime toujours autant courir en FSBK, gagner des courses mais j’avais besoin de voir autre chose. J’ai eu l’opportunité de disputer la première coupe du monde de MotoE (moto électrique), de découvrir une nouvelle discipline et je ne voulais pas rater ça. Je suis très heureux de ce qui m’arrive aujourd’hui.

« La MotoE justement, peux-tu nous en parler ?

« C’est très différent, à tous les niveaux, du Superbike. Déjà, je trouve qu’on ne roule pas assez mais c‘est comme ça. Au début, j’ai eu un peu de mal à trouver de bonnes sensations mais au fur et à mesure des essais et des courses, je m’amuse de plus en plus. En fait, la MotoE me fait travailler mes défauts ce qui est très positif. Même si les résultats ne sont pas encore aussi bons qu’espéré, je me prends au jeu, je sens que je progresse et je trouve ça très excitant…

« Revenons au FSBK. Tu ne pourras pas disputer les finales d’Albi, et donc dans l’impossibilité de disputer le titre. Dans quel état d’esprit abordes-tu ces deux courses à Carole ?

« Avec l’envie de gagner, comme à chaque fois que je prends part à une course. Et je vais tout faire pour ça. De toute façon, en ce qui me concerne, il n’y a jamais eu d’objectif de titre ; c’est la mission de Mathieu (Gines). Et s’il pouvait être titré dès dimanche, ce serait super pour Tecmas, BMW et Michelin…

K. Foray : « Mathieu n’a pas besoin de moi pour être titré… »

« Si, pour quelque raison que ce soit, il faut appliquer des consignes de course pour favoriser une victoire de Mathieu…

« (Il coupe)… Ce serait compliqué. Je ne pense pas que des consignes de course soient nécessaires, sinon celles d’éviter de se mettre à la faute. Avec 47 points d’avance sur ses dauphins, Mathieu est dans une situation très confortable. Il n’aura pas besoin de mon aide pour être champion. S’il ne l’est pas à Carole, il le sera à Albi. Il a montré à Magny-Cours où il a réussi un fantastique doublé, qu’il avait tous les atouts pour maintenir la concurrence à distance. En fait, à Carole, nous aurons une approche différente. L’objectif de Mathieu, c’est d’abord le titre, donc de prendre des gros points, même si je sais pertinemment qu’il mettra tout en œuvre pour gagner. Mon objectif, c’est la victoire. Gagner les courses. Et rien d’autre. On se tirera la bourre mais sans prendre des risques inconsidérés si on devait être au coude à coude ; l’intérêt du team passerait avant tout…

« Carole, où tu es détenteur du record du tour en compétition officielle (0’59’’756), c’est ton circuit fétiche ?

« Fétiche, non ! C’est le circuit où j’ai fait mes premières armes. Un circuit atypique, pas facile à appréhender, surtout avec une 1000… Mais là aussi, il faut savoir s’adapter. Et je le connais bien…»

Dans le championnat « Challengers », à nouveau leader depuis Magny-Cours, Maxime Bonnot, autre pilote Tecmas, essaiera de consolider sa position face à un trio d’ambitieux, Stoll, Boulom et Nigon.

Christian Ragot