Pigiste pour les 8 Heures de Suzuka, Kenny Foray a beaucoup appris

Pilote Tecmas-BMW en championnat de France Superbike, Kenny Foray a pigé pour le team japonais Rosetta-Motorrad39 lors 8 Heures de Suzuka comptant pour le championnat du monde d’endurance. Une expérience extrêmement positive.

Quel pilote moto n’a jamais rêvé courir au Japon, au sein d’une écurie nipponne ? « C’est une autre philosophie de la course, une autre façon de travailler, parfois surprenante et l’adaptation n’est pas toujours facile. Mais c’est forcément intéressant et enrichissant » analyse Kenny Foray, habituel pilote Tecmas-BMW en championnat de France Superbike. Le protégé de Michel Augizeau a apprécié cette « pige » effectuée pour le team japonais privé, Rosetta-Motorrad39, aux 8 Heures de Suzuka, en championnat du monde d’endurance. Une course moto sur ce circuit mythique, c’est spécial. Une énorme bagarre entre les constructeurs japonais, Yamaha, Kawasaki, Honda et Suzuki qui sortent, pour la circonstance, la grosse artillerie. La pression est énorme. Seule la victoire est belle… Pour les vaincus, il est impératif de se battre jusqu’au bout… Ou se faire hara-kiri !

Kenny Foray a assuré

Dans ce contexte relevé, que pouvait espérer Kenny Foray ? « L’objectif était d’exploiter au maximum le potentiel de notre BMW S1000 RR et d’essayer de rivaliser avec les meilleurs… ». Associé à l’excellent pilote nippon Daisaka Sakai, un ancien vainqueur de ces 8 Heures de Suzuka en 2009 au guidon d’une Suzuki, et à son habituel équipier tchèque, Lukas Pesek, au sein du team BMW officiel, Penz13, Kenny s’est montré à la hauteur de l’évènement. En qualifiant la « Béhème » n°39 en 15e position sur la grille (sur 68 engagés) et en signant des relais de haute volée. Après 2 heures de course, la n°39 pointait au 7e rang alors que devant la bataille faisait rage. A la troisième heure, Avec Kenny en selle, la n°39 était 6e, en bagarre pour la 5e  place, loin devant toutes les autres BMW. Largement dans les objectifs donc. Lorsqu’un problème mécanique fit plonger la n°39 au 14e rang à la mi-course.

Pesek dans le décor à 25 minutes de l’arrivée…

Devant, le rythme était tellement soutenu que grignoter une place relevait de l’exploit. Les teams qui d’habitude règnent sur les épreuves européennes étaient eux-aussi à la peine à l’image du SERT 94, relégué en milieu de classement après une chute de Vincent Philippe, ou de Kawasaki (Leblanc, Lagrive, Guarroni) contraint à l’abandon à la 6e heure de course en raison d’un problème d’axe de roue arrière. Seul, le Honda Endurance Racing avec Da Costa, Gimbert et Freddy Foray, le frère de Kenny, a limité la casse en terminant 13e ; c’est dire le niveau ! Néanmoins, le top 10 semblait encore possible pour le team Rosetta-Motorrad39 à l’attaque de la dernière heure de course (12e), avec quatre motos dans le même tour, de la 8e à la 12è places… Malheureusement, à 25 minutes du drapeau à damier, à la nuit tombée, alors qu’il était 11e,  Lukas Pesek sortait violemment de la piste, endommageant sérieusement la moto. C’était l’abandon. Irrémédiable. Et une grosse frustration pour l’équipe.

Rendez-vous  à Pau-Arnos le 14 août

Même s’il n’a pas franchi la ligne, Kenny n’a pas perdu son temps en allant piger de l’autre côté de la planète. Il a beaucoup appris, gagné encore en  expérience. C’est un pilote affûté, parfaitement en osmose avec la BMW S 1000 RR,  que le team Tecmas et Michel Augizeau vont retrouver les 13 et 14 août sur le circuit de Pau-Arnos pour la 5e manche du championnat de France FSBK. Pour la gagne ! 

 

Pour la petite histoire, sachez que la Yamaha du Factory Racing Team, déjà victorieuse en 2015, après avoir signé la pole-position, a mené la course (presque) de bout en bout avec le trio Espagaro-Nakasuga-Lowes,  pour l’emporter devant la Kawasaki officielle du Team Green (Yanagawa-Haslam-Watanabe) et la Suzuki du team Yoshimura (Suda-Brookes-Haga). Trois marques différentes sur le podium… Et quatre Honda de la 8e à la 11e place ;  le parfait symbole de l’énorme bataille que se livrent les constructeurs nippons au Pays du soleil levant.   

Christian Ragot