Un top 10 serait un excellent resultat

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Chez Tecmas, l’activité endurance a été (quasi) nulle depuis deux ans. Rien au programme en 2020. Le Bol d’Or en 2021 et c’est tout. « Mais on n’avait pas le choix » coupe Michel Augizeau. « En raison des huis clos décrétés par le gouvernement suite à la pandémie due à la Covid 19, il était impossible pour un team privé comme Tecmas de s’engager aux 24 Heures du Mans. Sans public, il n’y a pas de possibilités d’organiser une communion avec les passionnés que l’on reçoit, et qui participe au financement de la course. Une course de 24 heures requiert un budget énorme. Une trentaine de personnes sont monopolisées pendant une semaine. L’engagement, les pneus, le carburant, les déplacements, la nourriture, les pilotes, les ingénieurs, les mécanos, le kiné… Rien n’est gratuit. Et on ne reçoit rien en retour. S’engager dans ces conditions, sans la possibilité d’inviter nos partenaires et nos sponsors, cela revient à mettre l’entreprise en péril… Ce n’est pas non plus un hasard si les organisateurs du Bol d’Or ont annulé leur épreuve en 2020, conscients que sans les recettes de la billetterie, leur épreuve aurait été déficitaire » concède le team-manager de Tecmas.

Les huis-clos, et c’est heureux, ayant été levés à l’automne, c’est avec gourmandise que l’écurie berruyère était revenue dans la course pour le Bol d’Or 2021 au Paul-Ricard. Pour une expérience malheureusement écourtée ; Michel Augizeau signant la feuille d’abandon après la troisième heure de course. Les trois pilotes (Hédelin, Bonnot, Buisson) s’étaient plaints de la difficulté à inscrire la moto dans les courbes et ce qui devait arriver survint quand Dylan Buisson, faisant preuve d’un peu trop d’optimisme, partait à la faute. Dans la cabriole, le pilote (traumatisme crânien) et la belle BMW S1000 RR n°9 avaient trop souffert pour ne pas stopper-là ce retour en Endurance pourtant commencé dans l’enthousiasme général. 

« Ce retour s’était effectivement mal terminé » se souvient Michel Augizeau. « C’était très frustrant pour tout le monde. Nous avions manqué de temps pour préparer la moto et de moyens financiers pour effectuer davantage d’essais. Retenus par les finales du FSBK, nous n’avions même pas pu participer aux tests officiels ; tout cela nous a forcément handicapés. On ne cherche pas d’excuses. Ce n’est pas non plus une question de malchance. Disons qu’on a accumulé pas mal de petits problèmes qui ne doivent rien à une quelconque forme d’incompétence mais qui nous ont empêchés d’aborder ce Bol d‘Or dans les meilleures dispositions ».

Les problèmes du « Bol » ont été résolus

Les retrouvailles, ce week-end, avec les 24 Heures du Mans, dans des conditions revenues à la normale, avec du public et la possibilités d’organiser des réceptions VIP , ont reboosté l’équipe. Arnaud Sassone, tout comme Michel Augizeau, a la passion de l’Endurance chevillée au corps : « L’objectif, et c’est une priorité à mes yeux, a toujours été de participer aux deux manches françaises de 24 heures, au Mans et au Castellet. Ce sont les deux courses les plus prestigieuses du championnat du monde. Pour l’image, la reconnaissance de Tecmas, nous nous devons d’y être » rappelait ainsi le nouveau patron lors de la présentation du team. « Et si notre budget le permet, avec le soutien de nos partenaires, Mersen, GMC et SC Aéro, on pourrait aussi s’engager dans les 24 Heures de Spa-Francorchamps, en Belgique… » s’enthousiasme Arnaud Sassone.

Christian ragot

Mais dans l’immédiat, ce sont les 24 Heures du Mans que l’équipe retrouve avec confiance : « Les problèmes de châssis rencontrés au Bol d’Or ont été ciblés et résolus » reconnait Michel Augizeau. « Lors des essais hivernaux, à Barcelone (deux fois), à Nogaro ou à Magny-Cours, pas plus que lors des tests officiels ici au Mans, nous n’avons pas rencontré de problèmes particuliers. Certes, les chronos enregistrés lors des tests officiels, en milieu de peloton, ne reflètent pas notre véritable niveau mais je ne m’inquiète pas. On a encore besoin de trouver nos repères, les pilotes comme toute l’équipe. Deux ans sans rouler, ce n’est pas idéal pour le rythme ».

Rivaliser sur la piste avec les teams officiels…

Sans espérer devancer les écuries officielles, Tecmas-Mersen-GMC peut quand même nourrir quelques ambitions ; au moins s’en approcher. « Mais dans un premier temps, l’objectif est de rester sur la piste, éviter la faute » coupe Michel Augizeau, « après, il faudra composer avec les aléas de course. Un Top 10 serait un excellent résultat… ».

Et pourquoi pas un peu mieux comme lors des 8 Heures de Malaisie, en décembre 2019, où, sur le circuit de Sepang, dans des conditions dantesques, Camille Hédelin avait un court instant occupé la première place devant les « usines » ? La BMW n°9 de Tecmas occupait encore la deuxième place du général quand elle fut stoppée par une casse moteur aussi inexplicable qu’inexpliquée ; un moteur neuf qui plus est. Mais bien des points positifs avaient été relevés, ne serait-ce que le fait d’avoir pu rivaliser sur la piste avec bien des teams officiels.

Un trio de pilotes très homogène

Camille Hédelin, David Perret et Maxime Bonnot. Tecmas a joué la carte de la continuité pour ce qui est du choix des pilotes. Enfin presque puis ces trois là n’étaient pas ensemble lors de la dernière course de l’écurie berruyère en Mondial d’Endurance, le Bol d‘Or 2021 au Castellet. Mal remis d’une fracture de l’omoplate, David Perret avait dû laisser sa place à Dylan Buisson. Mais l’Angevin, vice-champion de France de Superbike en 2017, derrière un certain Kenny Foray, pilote rapide et expérimenté (35 ans) qui connaît le circuit manceau dans ses moindres recoins, est heureux de revenir aux affaires. Il sera un atout pour le team d’Arnaud Sassone. 

Aux côtés de David Perret, Camille Hédelin, « c’est la force tranquille de l’équipe » comme se plaît à le répéter le team manager, Michel Augizeau. Camille n’est, intrinsèquement, pas le plus rapide des trois, même s’il a bien progressé dans ce domaine, mais il est capable d’assurer en toutes circonstances. En cas de conditions difficiles, dans le trafic, sous la pluie, il enfile les tours avec une régularité de métronome. Bref, c’est le pilote d’endurance par excellence, très expérimenté, auquel on peut faire entièrement confiance et qui plus est, capable de faire remonter les bonnes informations aux ingénieurs et mécanos.  A Sepang, en 2019, puis au Bol d’Or 2021, sur des pistes détrempées, il avait tout simplement été exceptionnel… 

Le Neversois Maxime Bonnot complète un trio homogène, très complémentaire. Champion de France Superbike en catégorie Challengers en 2019, Maxime a l’avantage de bien connaître la BMW S1000 RR et les pneus Michelin. Il a aussi gagné en expérience et en confiance, même s’il a peu couru depuis un an. Il peut être rapide et surtout, il est très à l’aise au sein de la structure berruyère et ça a son importance sur une course de 24 heures. 

Texte : Christian Ragot
Photos : Stéphane Valembois