L’écurie Tecmas-BMW gagne à Magny-Cours

Jour de « premières » pour Kenny Foray

Jour de « premières » hier à Magny-Cours pour le pilote Tecmas-BMW, Kenny Foray. Première fois de la saison qu’il ne termine pas sur le podium (4e de la course 1) et première fois en carrière qu’il gagne à Magny-Cours (1er de la course 2). Surtout, le pilote d’Olivet a encore creusé l’écart sur ses poursuivants immédiats au championnat de France.

Pour la première fois cette saison, au terme de la course 1, dimanche matin à Magny-Cours, Kenny Foray n’est pas monté sur le podium alors qu’il était pourtant parti en pole-position. Paradoxalement, il estimait néanmoins avoir fait une très bonne affaire. Voilà qui mérite quelques explications.

Avant la grande explication nivernaise, avec 53 points d’avance sur son dauphin, David Perret, le pilote Tecmas-BMW n’avait aucune raison de prendre des risques inconsidérés.  « La priorité absolue, c’est le titre » n’eut de cesse de répéter Michel Augizeau tout au long du week-end. Message reçu cinq sur cinq par Kenny Foray qui, tout en voulant gagner à chaque fois, sait aussi, en garçon intelligent, ne pas se tromper d’objectif.

Sur des œufs dimanche matin…

Une belle averse s’étant abattue sur le circuit alors que les pilotes se mettaient en pré-grille pour la C1, toutes les stratégies élaborées par l’équipe s’en trouvaient bouleversées. « Les Pirelli sont souvent efficaces sous la pluie mais curieusement, pas ici à Magny-Cours. Question de revêtement… Alors que sur le sec, et on  l’a vu en qualif, c’est le top » pestait Michel Augizeau. Si bien qu’avant même de s’élancer avec des pneus standards, Kenny Foray savait que ce n’était pas encore cette fois qu’il s’imposerait dans la Nièvre. Manquant de grip, pilotant sur des œufs, il fut bien vite débordé par une meute de furieux (Marino, Checa, Muscat, Perret...) sans vraiment leur opposer une quelconque résistance. Sixième à la fin du deuxième tour, il n’avait alors qu’une idée en tête : « rester sur la piste, m’accrocher et faire du mieux possible ». Mais un accrochage entre Lussiana et Perret, envoyant les deux hommes au tapis, dégagea subitement son horizon. Son concurrent le plus dangereux au championnat hors course, tout point engrangé était du bonus. « Je me suis alors concentré sur ma course, sans tenir compte des autres. Sur la fin, la piste avait bien séché et j’ai pu revenir sur Guarnoni puis le dépasser alors qu’il était à l’agonie, et ce, sans prendre de risques, pour finalement terminer à la 4e place… ». A plus de 28 secondes tout de même de Marino, pilote Yamaha en Mondial Superstock, qui avait bénéficié d’une wild-card. Une 4e place pour laquelle il aurait signé des deux mains juste avant le départ et qui, au final, s’avérait une bonne affaire puisqu’elle lui permettait de prendre 14 points supplémentaires à David Perret avant même la course 2.  

Tout près du titre !

Une course 2 disputée sous un pâle soleil et surtout sur une piste sèche. Des conditions plus favorables pour que Kenny Foray gagne enfin à Magny-Cours. Malgré un bon départ, un premier tour « en dedans » (5e à la fin du premier tour) laissa un instant penser que le pilote BMW avait décidé d’assurer au maximum. En fait, il lui fallut juste un peu de temps pour trouver le bon rythme et monter ses gommes à la température idéale. On vit alors du grand Foray, sûr dans ses trajectoires et précis dans ses attaques. Tour à tour, Gines, Guarnoni, Marino et enfin Perret (à six tours de la fin) subirent la supériorité du pilote Tecmas-BMW qui signait au passage le meilleur tour en course (1’41’’217), lui rapportant un point supplémentaire au championnat. Et c’est avec un geste rageur, comme s’il avait vaincu le signe indien le frappant dans la Nièvre depuis trop longtemps, qu’il offrait cette victoire, sa sixième de la saison, à son équipe et ses supporters venus le soutenir en nombre.

 «Un bon week-end, vraiment ! Excepté la première course, exultait l’Orléanais. Avec deux pole-positions, une victoire et un record du tour, j’ai accru mon avance au championnat. C’était le but recherché. Si le titre est joué ? Pas encore même si on peut maintenant y croire vraiment. Le couronnement, ce sera peut-être à Carole, mon circuit fétiche, celui de la famille Foray (rires). Jusqu’ici, on n’avait jamais roulé sous la pluie sauf en essais à Portimao. Au Portugal, on n’avait pas vraiment eu de problème mais ici, à Magny-Cours, c’est impossible de rouler. Et encore, la piste n’était pas complètement détrempée. Je n’ai pris aucun risque. En C2, j’ai eu un peu de mal en début de course à trouver le bon rythme et à faire fonctionner les pneus aussi bien qu’en qualif. Mais je ne me suis jamais affolé.  J’ai recollé au peloton de tête et profité d’une petite faute de David (Perret) pour l’attaquer et passer en tête. Je savais que les pneumatiques seraient efficaces jusqu’au bout. C’est un choix mûrement réfléchi de l’équipe qui, en optant pour ce type de pneus, privilégie la longévité, quitte à mettre un peu plus de temps pour les monter à la température idéale. Ce qui ne doit pas m’empêcher de travailler mes départs… ». La victoire d’un pilote mais aussi d’une équipe. En attendant le titre ! Car avec 73 points d’avance, la marge est confortable…  

Les classements

Course 1.

1. Marino, les 13 tours en 25’55’’724 ; 2. Checa à 11’’078 ; 3. Muscat à 24’’821 ; 4. Foray (Tecmas-BMW) à 28’’456 ; 5. Gines à 28’’745 ; 6. Guarnoni (Kawasaki) à 29’’514 ; 7. Ponsson (Yamaha) à 35’’842 ; 8. Masson (Suzuki) à 38’’361, etc… 24. Bonnot (Tecmas-BMW) sur 38 concurrents.

Course 2.  

1. Kenny Foray (Tecmas BMW) ; 2. Perret à 1’200 ; 3. Guarnoni à 2’’768; 4. Marino à 4’’237 ; 5. Berchet (Kawasaki, 1er Challenger) à 13’’67 ; 6. Gines à 13’’77 ; 7. Checa à 14’’15 ; 8. Clère (Yamaha) à 14’’93, etc… 16 Bonnot (Tecmas-BMW) à 39’’24 ; etc…

Le point au championnat :

1.Kenny Foray (Tcmas BMW) 207 pts ; 2. David Perret  134 pts ; 3. Checa 115 pts ; 4. Masson 91 pts ; 5. Guarnoni 82 pts ; 6. Gines 80 pts ; 7. Maurin 79 pts, 8. Berchet (1er challenger) 56 pts, … 19. Bonnot 13 pts ; etc…

Bonnot manque de réussite, Amalric se place

En Superbike Challenger, Maxime Bonnot a confirmé sa bonne forme en améliorant son record personnel à Magny Cours de prés d'une seconde en séance de qualifications. Malheureusement, en course Maxime n'a pu ni intégrer le top 10 scratch, ni arpenter le podium en Challenger. La faute à la pluie dans un premier temps, puisqu'il n'a presque jamais roulé en 1000cc sur piste mouillée et a donc dû apprendre sur le tas. « Il a pris le temps de s'adapter à ces conditions compliquées en améliorant ses chronos de manière régulière, c'est une preuve de maturité. Même si le résultat n'est pas là, on est content de lui. » considère un membre de son équipe.

En course 2, le temps au beau fixe, Maxime Bonnot se devait de faire mieux sur son circuit local. Auteur d'un bon départ, il pointe aux portes du top 10 au freinage d'Adélaïde lorsqu'il se fait percuter par un autre concurrent. Par chance il évite la chute mais tire droit dans l’échappatoire avant de reprendre la piste en queue de peloton, mais pas indemne (douleur à la cheville et pot d'échappement cassé). Il n’empêche, le pilote TECMAS a serré des dents et rattrapé un à un une bonne dizaine de pilotes, jusqu’à terminer 16ème et 5ème Challenger.

Coté European Bikes, Michel Amalric représentait brillamment les couleurs du team Berruyer dès les premiers essais du vendredi. Après une première course très disputée, Michel termine sur la 3ème marche du podium. En course 2, les 3 premiers ont imposé un très gros rythme dès les premiers tours, le pilote de Castres n'a pas été en mesure d'accrocher le bon wagon, mais a dominé le reste des concurrents et se place aisément en 4ème position, confortant ainsi sa place sur le podium général de la catégorie.

Brève : 24h de Barcelone

Au même moment, en Espagne se tenait les 24h de Barcelone, où TECMAS engageait en tant que prestataire la BMW S1000RR numéro 88 de Dominique Platet.  «Tout s'est déroulé pour le mieux durant les essais libres et qualificatifs, glisse Arnaud Sassone, team manager pour l'événement. On s'est classé 4ème sur la grille, ce qui représente une honorable performance pour notre équipe. Le début de course a été rondement mené par Camille Hedelin qui, dans des conditions météorologiques compliquées, ramène la BMW88 en tête de la course. Ensuite, tout s'est déroulé sans encombre, après 2h de course, on se plaçait en seconde position. On a conservé cette place de manière confortable si bien qu'après le tiers de course, nous étions à 5 tours du premier avec 5 tours d'avance sur le troisième. »

Et là, c'est le drame, une casse mécanique survient après 9h30 de course, contraignant l'équipe à l'abandon. «Dommage car notre équipage était dans le coup. Merci aux pilotes, Dominique Platet, Camille Hedelin, Thibault Gourin et Kevin Denis, ainsi qu'à toute l'équipe TECMAS pour l'excellent travail effectué ». Rendez vous en 2018 ?

Christian Ragot - Correspondance

Stephane Valembois