Tecmas-BMW veut créer une petite surprise aux 12 Heures de Portimao

Les inondations, les grèves, les mouvements sociaux, la loi travail  et même l’Euro de foot et ses polémiques nauséabondes… Pendant une semaine, au sein  de l’écurie berruyère Tecmas-BMW, on va (essayer de) faire abstraction de tout ça. Sur la côte de l’Algarve, au sud du Portugal, le soleil, c’est promis, sera au rendez-vous et il y aura suffisamment de choses à faire pour occuper les esprits avant la course du samedi 11 juin, les 12 Heures de Portimao, deuxième manche du championnat du monde d’endurance.

Des trois pilotes (Camille Hédelin, Domnique Platet et Clive Rambure) à Romain La Monica (ingénieur) en passant par Guillaume Poitevin et les mécanos,  l’ostéo,  les responsables des pneumatiques et de l’essence, le cuisinier et le chauffeur du truck, la délégation berruyère comprendra une vingtaine de personnes. Et en l’absence du boss,  Michel Augizeau, en convalescence, ce sont ses fils, Yann et Kevin, qui superviseront les opérations. Ce qui leur avait plutôt bien réussi la semaine dernière à Lédenon en championnat de France Superbike où Kenny Foray était monté à deux reprises sur le podium, s’imposant même dans la course 2.

Mais là, à Portimao, ce sera une autre histoire. « L’objectif, c’est, un : de terminer la course ; deux : faire le mieux possible ; trois : essayer de créer une petite surprise »  glisse Romain La Monica. Une petite surprise, ce serait, par exemple, une place dans le Top 10. Ambitieux certes mais pas impossible si l’on se réfère aux deux dernières sorties de Tecmas-BMW  en championnat du monde d’endurance.

Vivre enfin une course sans problème…

L’an dernier, au Bol d’or, sans bénéficier du soutien officiel de BMW, le trio Platet-Hédelin-Rambure avait amené la BMW n°88 à la 15e place scratch après une « remontada » incroyable. En raison d’un problème de sélecteur de vitesses, on se souvient que l’équipe berruyère avait chuté à la 48e place, perdant de précieuses minutes pour ramener la moto au stand et effectuer ensuite les réparations nécessaires. Et aux 24 Heures du Mans 2016 : rebelote ! Des ennuis électroniques sur l’ABS plongèrent la BMW  n°88 dans les abymes du classement : 53e après la troisième heure de course pour finalement terminer à la 18e place scratch au prix d’un effort impressionnant des trois pilotes, Camille Hédelin, Clive Rambure et Nicolas Sénéchal qui se sont régalés au guidon d’une « Béhème » qui a ensuite tourné comme une horloge. «  Mais cette fois, on se passerait volontiers d’être les champions des grosses remontées… » sourit Romain La Monica qui rêve d’une course sans problème mécanique, ni chute, ni crevaison. « On s’est préparé pour ça. La moto est top, efficace. On a aussi beaucoup travaillé sur l’agrément endurance, notamment sur la rapidité d’intervention des mécanos dans le stand (la selle, le changement de carénage, l’accès au réservoir, l’éclairage…). Cela se traduit par un gain de temps de 30 à 40% sur les arrêts au stand en cas de pépins. Sur une course de 12 heures, ça peut être déterminant… ».

Première à Portimao

Le seul réel problème, c’est le circuit de Portimao : «  Aucun de nos trois pilotes ne le connait. C’est un circuit un peu complexe, style Lédenon en plus grand. Dans la mesure où 80% des engagés sont dans le même cas,  ça règle en partie le problème. Ceux qui sauront le mieux s’adapter au tracé, qui trouveront les meilleurs réglages et utiliseront au mieux le potentiel de leur moto et de leurs pneumatiques tireront leur épingle du jeu... » ajoute l’ingénieur Tecmas.

De leur côté, les pilotes ont activement préparé ces 12 Heures de Portimao. Ainsi, Dominique Platet a repris le rythme de la compétition en participant aux courses de l’European Bike à Lédenon et roulé en essais privés à Alès. Pilote essayeur chez BMW, Camille Hédelin n’a, pour ainsi dire, pas quitté son cuir durant trois jours puisque sur le circuit de Carthagène, il a assuré le développement de la S1000RR. Clive Rambure est, des trois, celui qui a le moins roulé au guidon de la 500 cc prêtée par Tecmas mais le garçon a prouvé dans le passé qu’il savait rapidement se mettre en action pour signer des chronos imposant le respect. Une chose est sûre : le moral de l’équipe, qui a prend la direction du Portugal ce dimanche, est au beau fixe. Tout le monde sera prêt pour les essais libres, mardi et mercredi, puis les qualifs de jeudi et vendredi et enfin la course de samedi, de 9h30 à 21h30, retransmise en direct sur l’équipe 21 !

Texte Christian Ragot

Photos Stephane Valembois