Tecmas-BMW accroche le Top 15

Avec un sans-faute, tant sur la piste que dans  les stands, une moto parfaite et une bonne stratégie de course, l’écurie berruyère Tecmas-BMW a accroché le Top 15 lors des 12 Heures de Portimao, en championnat du monde d’endurance.

Quelle course ! Qui va rester dans les annales de l’Endurance. 81/1000è de seconde seulement entre la Yamaha du GMT 94 et la Suzuki du SERT après 12 heures de course. Epoustouflant. Ces 12 Heures de Portimao ont bousculé tous les codes habituels de l’Endurance. En fait, sur le circuit très technique et magnifique de l’Algarve, on a plutôt assisté à un (très) long Grand Prix plutôt qu’à une course d’endurance. Un spectacle intense avec des bagarres à tous les niveaux de la course.

Ce fut le cas aussi pour Tecmas. L’écurie berruyère a réussi un sans-faute pour accrocher en force une place dans le Top 15. « Un Top 15 qui correspond au niveau du moment de l’équipe : pilotes, staff et équipe technique » se réjouissaient Yann et Kevin Augizeau qui avaient, pour la circonstance, coiffé la casquette de leur boss de père, toujours en convalescence.

Tout n’a pourtant pas été simple. « Lors des essais, on n’a pas réussi à faire fonctionner les pneumatiques. On a multiplié les pistes, en vain. Le moral était alors au plus bas. Ce n’est qu’en fin de qualif’, en modifiant les pressions préconisées pourtant par Pirelli, qu’on a résolu le problème. Avec un mauvais 29e chrono en qualifications. On a pu valider ces modifications dans le warm-up et la confiance est revenue. Par la suite, la moto s’est avérée parfaite… » glisse l’ingénieur de l’écurie berruyère, Romain La Monica.

Une performance d’équipe

Toute l’équipe se mit ensuite au diapason. Camille Hédélin donna tout de suite le ton en amenant la BMW n°88 à la 21e place au terme de la première heure de course. Le pilote essayeur professionnel de BMW s’avéra une fois de plus le pilote leader de Tecmas. Régulier dans ses très bons chronos, excellent dans ses analyses, il forma une équipe homogène avec Clive Rambure, qui a le don de se mettre rapidement en action sans avoir besoin de beaucoup de roulage, et Dominique Platet, le gentleman driver et commanditaire de Tecmas  dont la passion dévorante lui permet d’assurer des relais toujours très propres et réguliers.

Dans les stands aussi,  « l’équipe a fait le taf » comme le souligne Romain Lamonica. « Nos arrêts au stand ont tourné entre 52’’ et 55’’. C’est tout près des usines…et ce qui se fait de mieux chez les privés. C’est vraiment satisfaisant ». Et la preuve qu’un gros travail a été fait en amont.

Pour rester dans ce Top 15, il a aussi fallu une bonne stratégie de course. En cela, Romain et les frères Augizeau ont fait les bons choix avec des derniers relais plus dynamiques pour ne pas trop entamer les ressources physiques des pilotes. « Les quatre derniers relais ont été assurés alternativement par les deux pilotes les plus rapides, Hédelin et Rambure. Des relais de 40 à 45 minutes avec juste ce qu’il faut de carburant et pour conserver toute leur efficacité aux gommes…. »

Tout près de la panne sèche

 C’était le bon choix, même si cela s’est joué à rien. « Il aurait suffi que le vainqueur, David Checa, pourchassé par Masson (rappelez-vous, les 81/1000e d’écart à l’arrivée…) franchisse la ligne deux secondes plus tôt et Clive (Rambure) aurait été obligé de faire un tour supplémentaire avec la n°56 dans ses échappements… Et là, adieu le Top 15. Il serait tombé en panne sèche à coup sûr… ». On dit merci qui ? Merci David Checa. Et un peu à Dame Chance ; Rambure franchissant le drapeau à damier avec 1’’35 d’avance sur la BMW du Gert 56.

Un Top 15 qui égale la meilleure performance de Tecmas en championnat du monde d’endurance (c’était au Bol d’Or en 2015) et qui permet d’engranger 6 points supplémentaires au championnat du Monde EWC. Un Top 15 qui a ravi le patron du team, Michel Augizeau, en convalescence du côté de Lamotte-Beuvron et va l’aider à hâter sa guérison.

Réactions des pilotes

Camille Hédelin : « J’ai découvert un magnifique circuit, très difficile à apprendre et très physique. Un circuit qui n’autorise aucun instant de repos ; au maximum, une seconde et demi. Même dans la ligne droite, il y a une bosse qui vous fait guidonner (sic)…  Mais une fois bien assimilé, on le trouve génial. L’équipe a été très performante et je me suis régalé. Je vis un rêve. Cette 15e place est une belle récompense pour tout le monde. La moto ? Elle s’est mise à bien fonctionner pour la course quand on a modifié la pression des pneumatiques; c’était l’essentiel. »

Dominique Platet : « C’est un circuit magnifique, moderne mais difficile et épuisant. A chaque fin de relais, j’étais vraiment fatigué. J’ai surtout cherché à être régulier ; à ne pas aller à la faute. Au final, on accroche le Top 15. C’est super. Et cela récompense le travail de l’équipe qui a été parfaite. Quand les bons réglages ont été trouvés, la moto a elle aussi été parfaite. Pas le moindre petit pépin mécanique, juste des arrêts pour ravitailler et changer les pneus. Une course dans ces conditions, c’est vraiment super. On va maintenant préparer le Bol d’Or… ».

Clive Rambure : « Cette 15e place était inespérée en début de course. Mais l’équipe a su trouver les bons réglages in-extremis. Du coup, la moto a été d’une fiabilité parfaite. Son comportement en course ne s’est jamais dégradé ; l’équipe ayant su résoudre tous les problèmes affectant l’électronique. Ma course ? Je pense avoir donné le meilleur. Avec une belle bourre pour finir avec la 56. Et de la réussite aussi car sitôt passé le drapeau à damier, à fond, j’ai eu une coupure moteur. Je n’aurais pas pu faire un tour supplémentaire en mode course… »  

Texte Christian Ragot - Photos Christian Ragot et FIM