Kenny Foray : « Priorité au championnat »

Kenny Foray et l’écurie berruyère Tecmas-BMW se présentent en solides leaders du championnat de France Superbike, ce week-end à Magny-Cours. Devant leurs supporters, ils espèrent enfin triompher dans la Nièvre. Ce serait une première ! Interview.

« Kenny, vous restez sur cinq victoires consécutives dans le championnat de France Superbike. Est-ce une première dans votre carrière ?

 Oui et ça fait plaisir. Gagner des courses, le plus de courses possible, pour un pilote, il n’y a pas mieux. Maintenant, il ne faut pas non plus se tromper d’objectif. La priorité, c’est le titre en fin de saison. Et c’est en gagnant des courses qu’on y parviendra.

Vous totalisez 166 points au championnat, soit 52 de plus que Perret (114) et 80 de mieux que Checa (86), le champion de France en titre. Le titre est-il déjà joué ?

Pas du tout ! Comme dans tout championnat, il est plus confortable de faire la course en tête mais tant que, mathématiquement, rien n’est joué, il ne faut pas s’enflammer. J’ai une avance confortable mais je sais aussi que tout peut s’arrêter rapidement. Une chute, une crevaison, une panne mécanique et tout peut être relancé. Et mes adversaires ne vont rien lâcher.

A Magny-Cours, vous contenterez-vous de gérer votre avance ?

Certainement pas. On visera la victoire, comme à chaque course. Maintenant, par rapport à Lédenon ou à Pau (où Kenny avait à chaque fois réussi le doublé, NDLR), le contexte sera différent. Dans la Nièvre, il y aura plusieurs pilotes « wild-cards » dont Guarnoni qui avait remporté la première course de la saison au Mans. Eux n’ont pas le même objectif que ceux qui disputent le championnat de France ; seule la victoire les intéresse. Il y aura une course dans la course. Il sera donc important de ne pas se tromper d’adversaires. On va tout faire pour gagner mais dans l’optique du championnat, il ne faudra pas non plus prendre des risques inconsidérés. L’important sera de terminer devant mes adversaires directs, Perret et Checa. Mais c‘est bien aussi qu’il y ait des pilotes wild-cards. Pour le public,  car ça rend les courses plus ouvertes et plus spectaculaires, mais aussi pour nous car leur présence permet de voir où on en est par rapport à une forte concurrence.

Qu’est-ce qui vous fait gagner cette année, et avec vous Tecmas-BMW Motorrad, par rapport à la saison dernière ?

On a tous évolué dans le bon sens. Déjà, la fin de saison dernière où nous avions fini très fort laissait à penser que nous serions très bien en 2017. C’est le cas. L’équipe se connait mieux, on travaille mieux ensemble et on est plus efficace. La moto est toujours aussi performante et on maîtrise mieux la gestion des Pirelli. Personnellement, je suis plus en confiance. Du coup, les petites choses qui nous étaient défavorables en 2016 ne le sont plus cette année. L’an dernier, quand nous étions constants, c’était la moto qui n’était pas assez rapide et vice-versa. Cette année, nous sommes constants et rapides. Et j’espère que ça va continuer.

A Magny-Cours, le team Tecmas est un peu chez lui. C’est près de Bourges, pas loin d’Olivet où vous demeurez et il y a Maxime Bonnot qui est de Nevers. Vous aurez de très nombreux supporters derrière vous et Michel Augizeau a fait les choses en grand en  louant une loge au-dessus des stands pour accueillir vos supporters et partenaires. Cela vous met-il une pression supplémentaire avec (presque) l’obligation de gagner ?

Pression je ne sais pas ; motivation peut être même si, à chaque course, on a toujours la même envie de gagner. Mais encore une fois, l’objectif, c’est le titre ! Personnellement, Magny-Cours est un circuit qui ne me réussit pas trop. Je suis monté à plusieurs reprises sur la boîte (3 fois 2e du Bol d’Or, 2e et 3e l’an passé en Superbike, Ndlr), mais jamais sur la plus haute marche. Ah si, une fois en Stock mais c’était plus facile. Mais je n‘avais jamais non plus gagné à Nogaro et cette année, j’ai fait 1 et 3. C’est peut-être un signe… Je suis confiant. J’ai une très bonne moto, une très bonne équipe qui a bien travaillé. Même si notre avantage au niveau de la puissance n’est pas aussi important qu’espéré. »

Un petit mot sur Maxime Bonnot, le deuxième pilote Tecmas ?

Il y a deux ans déjà, j’avais remarqué qu’il avait un réel potentiel. Il est en train de confirmer. Tout au long de la saison dernière, il a gagné en expérience et en assurance et a très bien fini la saison. Cette année, il a passé un cap. Sans sa chute aux 24 Heures du Mans, il serait toujours dans le coup au classement des Challengers ; il l’a prouvé lors de sa course de rentrée à Pau où il avait retrouvé un très bon rythme. Je le vois bien gagner les deux courses sur son circuit fétiche, à Magny-Cours. Ou pour le moins monter à chaque fois sur le podium. »

Bon à savoir

Le programme.

Qualifications samedi de 11h10 à 11h50 puis de 16h55 à 17h35. Course 1 dimanche à 11h45 ; course 2 dimanche à 17h15

 

Le point au championnat.

1. Kenny Foray (Tecmas-BMW) 166 pts, 2. Perret (Yamaha) 114pts, 3. Checa (Yamaha) 86 pts, 4. Masson (Suzuki) 78 pts, 5. Maurin (Yamaha) 71 pts, 6. Gines (Kawasaki) 59 pts, 7. Guarnoni (Kawasaki) 56 pts… 17. Bonnot (Tecmas-BMW) 13 pts, etc…

 

European Bikes.

L’écurie Tecmas sera également représentée dans le championnat European Bikes par Michel Amalric. Quelque peu en dedans à Pau, le Castrais n’en a pas moins réussi à conserver sa troisième place sur le podium au classement général. Michel Augizeau attend au moins un podium de la part de son pilote ce week-end à Magny-Cours

Christian Ragot - Correspondance

Photos Stéphane Valembois