Pas de mission impossible pour Kenny Foray

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Avant ce dernier round du FSBK au Castellet, remonter 19 points à Valentin Debise, vainqueur à neuf reprises cette saison, semblait mission impossible. Et pourtant, Kenny Foray et le team Tecmas-BMW l’ont fait, remportant les deux courses tout en profitant de deux erreurs de Valentin Debise, sous pression, pour aller cueillir le titre de champion de France. 

Un final de ouf ! Comme on n’en a jamais connu en championnat de France de Superbike. Avant le départ de la course 1, le leader Valentin Debise, avec 19 points d’avance, semblait pourtant à l’abri d’une désagréable surprise. Et pourtant, 17 tours plus tard, son dauphin Kenny Foray, qui avait mené la course de bout en bout pour signer sa 3e victoire de la saison, s’emparait du leadership avec 5 points de bonus sur le pilote tarnais au terme d’une course riche émotions. Si bien que pour l’attribution du titre, tout restait à faire… Bonjour le suspense. 

Foray : deux victoires et un titre ! 

Auteur de la pole-position, le pilote Tecmas-BMW avait pris un excellent départ. Lancés  à ses trousses, Debise et Techer, au coude à coude, se touchaient légèrement dans le premier virage; suffisamment pour faire perdre trois places au leader du championnat qui bouclait le T1 en 5e position. Dans le 2e tour, à l’attaque sur Gines, Debise partait à la faute sur une plaque humide, perdant le contrôle de sa Yamaha. Devant, Kenny Foray maintenait un écart sécurisant d’une seconde sur un Alan Techer (Honda) transcendé alors que Debise rentrait au stand à la fin du 7e tour… Pour mieux en ressortir à trois tours du baisser de drapeau avec l’objectif de signer le meilleur tour en course susceptible de lui rapporter un point. A donf’ partout, parfois limite, Debise claquait un chrono de 1’25’’531, légèrement supérieur à celui réalisé par Kenny Foray dans le 2e tour (1’25’’571). Un petit point qui pourrait faire la différence pour l’attribution du titre. 

En effet, avant le départ de la course 2, les positions étaient les suivantes : 1. Foray avec 236 points (211 +25), 2. Debise, 231 points (230 plus le point du MT en course), 3. Techer, 200 points (180 + 20) qui ne pouvait plus rien espérer sinon une victoire de prestige dans la dernière course de l’année. Et chacun d’extrapoler. Avec une victoire, le pilote de l’écurie berruyère était assuré du titre. C’était le scénario idéal. En cas de victoire de Debise, il fallait au pilote Tecmas-BMW assurer la 2e place et signer le meilleur tour en course. Et avec les mêmes positions, à savoir 1. Debise, 2. Foray et le meilleur tour en course réalisé par un troisième pilote, les deux leaders du championnat termineraient avec une égalité parfaite de points : 256 ; le titre se jouant alors au nombre de victoires acquises tout au long de la saison, à l’avantage de Debise : 9 contre 3. 

Jusqu’au bout du suspense

Cette course 2 tint toutes ses promesses. Une baston incroyable avec des dépassements en veux-tu en voilà. Plus vite en action, Alan Techer conservait la tête de la course pendant huit tours. Parti plus prudemment pour éviter toute « embrouille » au premier virage, Kenny Foray haussait progressivement le rythme pour signer le meilleur tour en course (4e tour). Il lui suffisait dès lors de terminer juste derrière Debise pour être assuré du titre… Forcément, Debise en voulait davantage. Il passait Techer dans le 9e tour mais dans le suivant, c’est Kenny Foray qui pointait en première position avec 0’’308 d’avance sur Techer et 0’’544 sur Debise qui s’était légèrement loupé sur un freinage. En confiance, redoutable de maîtrise, bien servi par une BMW M1000 RR réglée à la perfection et des pneumatiques Michelin hyper efficaces, Kenny Foray imposait alors un rythme d’enfer qui allait être fatal à… Valentin Debise dans le 14e tour. Revenu dans l’échappement de la BMW, Debise, sous pression, perdait l’avant de sa Yamaha au freinage, dans le virage à gauche suivant le double-droit du Beausset. Sacré coup de théâtre ! Pour lui, le titre était définitivement envolé. Kenny Foray n’avait plus qu’à assurer, avec panache, et la victoire, et le titre de champion de France de Superbike, son deuxième après celui conquis en 2017 déjà avec Tecmas et BMW. Deux anciens pilotes du team berruyer, Techer et Gines, complétaient le podium dans cet ordre ; une 3e place qui avait comme un goût de victoire pour Gines qui restait sur cinq courses sans le moindre podium. 

Christian ragot

Kenny Foray « Il faut toujours y croire… »

Baignant dans le champagne, serré dans le tee-shirt de champion de France spécialement floqué (en secret) pour l’occasion, Kenny Foray ne savait plus où donner de la tête. Un premier baiser de son épouse Virginie, puis du papa, de la maman, du frère jumeau Freddy, d’Arnaud Sassone, de Michel Augizeau et enfin de toute l’équipe et le nouveau champion de France s’en allait sacrifier, avec plaisir, à la cérémonie du podium. Quelques minutes plus tard, c’était au tour des journalistes de le harceler : « Ce qu’il faut retenir, c’est que, tant que rien n'est définitivement scellé, il faut toujours y croire. C’est ce qu’on a fait. Après Lédenon, où on n’avait marqué que huit points en deux courses, on pensait pourtant que pour le titre, c’était cuit. Valentin (Debise) avait alors 49 points d’avance. Et puis, toute l’équipe s’est ressaisie jusqu’à cet incroyable retournement de situation, ici, au Paul-Ricard. Ce titre, je le dois, à toute l’équipe qui a fait un boulot formidable. Au boss Arnaud (Sassone), à Michel (Augizeau, le team manager), à Romain (Lamonica, son ingénieur), aux mécanos, à BMW, à Michelin, à ma famille et à mon frère qui m’a aidé à me remobiliser alors que j’étais au fond du trou après Lédenon. En position de leader pour la course 2, je n’ai pas voulu prendre de risques exagérés au départ. Alan (Techer) et Valentin (Debise) sont partis devant puis j’ai haussé le rythme pour signer le meilleur tour en course. Dès lors, je savais qu’il suffisait de terminer juste derrière Debise pour assurer le titre. Mais quand même, ça a été une sacrée empoignade… Debise parti à la faute, j’ai pu finir l’année sur une victoire. Du coup, le titre n’en a que plus de saveur. Un titre que j’entends bien défendre la saison prochaine ». 

Classements en Superbike

Course 1. 1. Foray (Tecmas-BMW/M), 2. Techer (Honda/M) à 1’’937, 3. Renaudin (Yamaha/P) à 4’’517, 4. Gines (Yamaha/P), 5. Muscat (Ducati/M), 6. Bau (BMW/M), 7. Maurin (Yamaha/P), 8.Leblanc (Ducati/P), etc… (M pour Michelin, P pou Pirellei). Meilleur tour en course : Debise 1’25’’531.

 

Course 2. 1. Foray, 2. Techer à 0’’963, 3. Gines à 3’’564, 4. Renaudin, 5. Leblanc, 6. Muscat, 7. Bau, 8. Maurin, etc…

 

Classement général final. 1. Foray 262 points, 2. Debise 231 pts, 3. Techer 220 pts, etc…

Texte : Christian Ragot
Photos : Stéphane Valembois

Info plus : Premiers podiums pour Lucas Sassone en European Bikes

Une progression linéaire. Pour sa première saison en European Bikes et en 1000, face à des pilotes autrement plus expérimentés, Lucas Sassone (19 ans), après deux saisons d’apprentissage au sein de la FT Racing Academy, s’est rapidement mis au niveau des meilleurs. Après avoir accroché un Top 5 à Carole, le Berruyer, au guidon d’une BMW aux couleurs de Tecmas, a signé son premier podium (2e) lors de la course 1 sur le prestigieux circuit Paul-Ricard. Une sacrée belle performance, confirmant des essais qualifs prometteurs où Lucas avait déjà signé le 2e chrono. On le savait rapide, il lui restait à montrer plus de constance et de maîtrise sur l’ensemble de la couse ; c’est fait ! D’autant que Lucas a eu le bon goût de récidiver en course 2 qu’il a menée jusqu’à deux tours de l’arrivée, ne cédant que sous les assauts de Julien Brun, champion 2022 de la catégorie. Le bonheur total pour Arnaud Sassone, le « boss » de l’écurie Tecmas et papa de Lucas.