Louis Rossi arrive chez Tecmas

Ancien pilote de Grand Prix, Louis Rossi (27 ans), remercié par le GMT94 après les 24 Heures du Mans 2016, arrive chez Tecmas pour disputer le Bol d’Or près de Camille Hédelin et Dominique Platet. Avec l’espoir de faire partie du grand projet que Michel Augizeau espère mettre en place.

Louis Rossi n’a aucun lien de parenté avec son célèbre homonyme, Valentino Rossi, alias « The Doctor », neuf fois champion du monde de vitesse (dont six titres en MotoGP) mais il a la même passion de la vitesse et de la moto. Avec, de 2007 à 2015, 115 Grands Prix au compteur en 125cc, Moto3 et Moto2, dont une victoire au Grand Prix de France 2012 en Moto3, Louis Rossi est précédé d’une flatteuse réputation de pilote rapide et expérimenté, capable de briller en endurance… A condition de gérer son tempérament de feu. C’est justement ce qui a intéressé Michel Augizeau, le boss de Tecmas, en quête d’un pilote pouvant renforcer l’écurie berruyère les 17 et 18 septembre prochains pour le Bol d’Or, dernière course de l’année civile en endurance et… première épreuve du championnat du monde 2017 ! 

« Il y a quelques semaines, Michel (Augizeau) m’a demandé où j’en étais. Je venais d’être remercié par le GMT94 Yamaha. Lors des 24 Heures du Mans, cela ne s’était pas très bien passé pour moi ; mes chutes avaient fait perdre l’équipe, je ne peux le nier mais je pouvais espérer davantage de considération de la part de Christophe Guyot. Mais je préfère ne pas épiloguer là-dessus... J’avais des contacts avec d’autres teams en Grand Prix mais ça me semblait un peu galère. Pareil en endurance. Aussi, quand Tecmas s’est présenté, je n’ai pas hésité longtemps. Michel Augizeau jouit d’une bonne réputation dans le monde de la moto et son projet m’a séduit. En 125, en 2006-2007, je rêvais déjà de rouler pour Tecmas, comme quoi, hein ?»

L’ambitieux projet de Michel Augizeau

Ce projet si séduisant, quel est-il ? Déjà officiel BMW en superbike avec Kenny Foray au guidon de la S 1000RR, Michel Augizeau aimerait devenir officiel BMW France en endurance lors du prochain championnat du monde. Des tractations sont en cours et on peut être raisonnablement optimiste dans la mesure où BMW semble désireux d’accentuer sa présence au niveau mondial. « Mon rêve serait de monter une équipe avec des pilotes rapides, expérimentés, capables de jouer la gagne à chaque course face aux teams officiels Yamaha, Honda, Suzuki et Kawasaki. Trois pilotes du calibre de Louis Rossi, cela ferait une belle équipe, non ? » Et comment ! En faisant rouler Louis au Bol d’Or, au guidon de la BMW n°88, 15e de l’édition 2015, Michel Augizeau préparerait ainsi  le terrain ; à charge pour le pilote de se montrer performant.

Rossi : « Je veux devenir un vrai pilote d’endurance… »

« Je ne pouvais qu’être séduit par un tel projet » se réjouissait Louis Rossi lors des BMW Motorrad Track days, le week-end dernier à Magny-Cours. « Pour l’instant, je n’ai pour seule certitude que celle de disputer le Bol mais j’espère que le projet aboutira. J’ai toute confiance en Tecmas et en Michel Augizeau. J’ai été très bien accueilli par une équipe super. Tout de suite, on sent que des gens comme Romain La Monica ou Guillaume Poitevin sont très compétents. La moto est belle, rapide et performante ; je sens que je vais me régaler… Je veux devenir un vrai pilote d’endurance. J’aime l’endurance  et franchement, je ne regrette pas le monde des Grands Prix. A mon niveau c’était souvent le système D ; j’étais la plupart du temps seul pour faire les choses. En endurance, on forme une véritable équipe où chacun est mieux à même pour donner le meilleur… »

Pour Louis Rossi, le challenge est clair. Il va devoir prouver qu’il est toujours un pilote rapide mais aussi qu’il a appris de ses déboires au sein du GMT94.

« C’est vrai que j’ai chuté trois fois lors des 24 Heures du Mans et que la troisième a été fatale à l’équipe puisqu’on a abandonné à 6 heures du matin. Je n’avais pas réellement compris ce qu’était l’endurance ni su éviter les pièges. Il n’y a pas d’excuses. Quand je roulais régulièrement en 1’38 cet hiver, j’avais mes repères. Et j’avais envie de rouler dans ces chronos-là. C’était une erreur. Je n’ai pas été suffisamment à l’écoute. Aujourd’hui, j’ai compris que l’endurance, ce n’est pas rouler au maximum de ses possibilités tout le temps ; je vais me remettre en question… » A bon entendeur…

Texte Christian Ragot

Photos TECMAS / WarmupPhoto