Julien Da Costa : « On peut viser le Top 5 ! »

Julien Da Costa sera le pilote leader de l’équipe berruyère Tecmas aux 24 Heures du Mans, les 21 et 22 avril. Associé David Perret et Camille Hedelin, le triple champion du monde d’Endurance (2007, 2008 et 2013 avec le SERT) espère bien entrer dans le Top 5 pour sa 17e participation à la grande épreuve mancelle qu’il a remportée à trois reprises, en 2010, 2011 et 2012. Interview.

Julien, Michel Augizeau dit que vous êtes le « Monsieur Plus » de Tecmas au Mans. Cela vous met-il la pression ?

La pression ? Non ! J’ai quand même une grande expérience de l’Endurance et du Mans puisque ça va être ma 17e participation aux 24 Heures. Je sais que l’on compte sur moi pour conseiller l’équipe, mes coéquipiers, pour entendre leurs doléances mais il n’est question de pression dans tout ça. L’Endurance, c’est avant tout une course d’équipe. S’il y a un leader, il ne faut jamais oublier que le partage est le maître mot. J’ai l’avantage de bien connaître le circuit et d’avoir vécu ici toutes les conditions de courses et de stratégies possibles et imaginables. Il m’est arrivé de mener la couse, de devoir remonter, de gagner alors que cela semblait impossible ; de perdre alors qu’on semblait avoir course gagnée. J’ai appris à déjouer bien des pièges et c’est en cela que mon expérience peut être précieuse pour le team.

C’est seulement votre deuxième course de 24 heures avec TECMAS après l’expérience malheureuse au Bol d’Or l’année dernière. Après avoir piloté pour les teams les plus prestigieux (Suzuki, Kawasaki, Honda), comment vous sentez vous au sein de l’écurie de Michel Augizeau ?

Bien. Très bien. C’est une équipe très professionnelle, avec des gens compétents comme Romain (La Monica) et Michel (Augizeau). Elle le prouve régulièrement en FSBK et en Endurance. L’ambiance est très familiale, avec beaucoup de supporters, et ça me va très bien. L’équipe a changé mais on vient de passer deux semaines en Espagne pour des essais avec Pirelli et BMW et ça s’est bien passé. On commence à bien se connaître même si le chef mécano (Guillaume Poitevin) n’est plus là. Pour ce qui est de notre abandon au Bol l’an dernier (casse moteur inexplicable et inexpliquée juste avant la 18e heure de course), bien sûr que c’est frustrant car le Top 5 était assuré et peut-être même le podium. Mais à quoi bon ressasser tout ça ? Il faut relativiser, repartir avec un esprit conquérant. Après tant d’années en Endurance, je pense avoir à peu près tout connu. Des déceptions et des émotions, la victoire et la défaite. Ce n’est qu’un aléa de course supplémentaire et contre ça, même les meilleurs ne peuvent rien y faire…

Lors des Tests officiels au Mans, Tecmas a été crédité du troisième chrono absolu, réalisé par David Perret. C’est plutôt encourageant, non ?

Oui. Mais cela ne me surprend pas. Lors des Tests, les mauvaises conditions météo nous ont empêchés de rouler autant qu’on l’aurait voulu mais on a quand même pu valider bien des choses. Surtout, Pirelli, longtemps en difficulté sous la pluie, nous a déniché un nouveau pneu qui nous a permis de rivaliser avec les meilleurs dans ces conditions de piste humide et froide. C’est vraiment encourageant dans la perspective de la course si les conditions météos devaient être changeantes. Sinon, sur le sec et par beau temps, les Pirelli sont top. David l’a prouvé en profitant d’une fenêtre d’une trentaine de minutes pour signer le troisième chrono absolu derrière le Yart et la BMW 48. Et comme la BMW S1000 RR est toujours aussi performante, s’il fait beau le jour de la course, on ne sera pas loin… On a le potentiel pour viser un Top 5. David Perret, qui n’est pas vice-champion de France FSBK en titre par hasard est un pilote très rapide, qui s’est rapidement adapté à la moto. Camille Hedelin, c’est le sage de l’équipe. Régulier, constant et endurant, même quand les conditions sont difficiles et qui a déjà une belle expérience de l’Endurance. On  a une équipe très homogène et derrière nous, dans le stand, il y a des gars qui sont prêts à tout donner…

Julien Da Costa : « On peut viser le Top 5 ! »

Et il y a Julien Da Costa qui sait gagner une course de 24 heures…

C’est vrai, j’ai déjà gagné trois fois au Mans, en 2010, 2011 et 2012 avec SRC et deux fois au Bol d’Or en 2008 avec le Sert et en 2012 avec Kawasaki mais il faut savoir rester humble. Disons que si ça joue sur le fil, mon expérience, le fait de savoir gérer une fin de course, peut s’avérer précieuse. Mais avant cela, il faudra déjà avoir adopté la bonne stratégie… A 20 heures, on verra quels sont les teams qui sont là pour la gagne. Au point de minuit, on verra ceux qui sont toujours dans le rythme et ceux qui n’ont plus rien à espérer ; c’est la course qui veut ça. Et si à l’heure du petit-déjeuner, on est toujours là, alors oui, on pourra envisager un Top 5. Ce serait déjà un super résultat. On a le potentiel pour ça. Un podium ? Pour un team privé comme Tecmas, ce serait tout simplement un exploit… Certes, avant notre abandon, on a prouvé l’année dernière au Bol que l’équipe était compétitive. Mais pour monter sur la boîte, il faut non seulement être régulier, ne pas chuter, être efficace sur la piste comme dans le stand, avoir la fiabilité et la performance mais aussi de la réussite. Et la réussite, ça ne se commande pas. Il y a au moins dix équipes qui peuvent légitimement viser la victoire : le SERT, le GMT 94, le SRC Kawasaki, les deux Honda officielles, le Yart Yamaha, les autres BMW et notamment celle du NRT 48 de Kenny Foray… Toutes ne seront pas à l’arrivée.  S’il fait beau, et c’est souhaitable autant pour les pilotes que pour le public, la bagarre devrait être superbe….

Le Programme

Jeudi 19 avril. Essais libres de 10h à 14h35. Essais qualificatifs puis essais de nuit de 15h10 à 22h.

Vendredi 20 avril. Essais qualifcatifs à partir de 9 h. Découverte des stands, rencontre et échange avec les pilotes pour le public.

Samedi 21 avril. Matin : warm-up. De 12h55 à 13h40, parade des “40 ans”. 15 heures : départ de la 41e édition des 24 Heures du Mans Motos.

Dimanche 22 avril. 15 heures : arrivée des 24 Heures du Mans puis cérémonie du podium.

Christian Ragot - Correspondance spéciale

Photos - Stephane Valembois