Carton (presque) plein pour Foray

Deuxième de la course 1, vainqueur de la course 2, à chaque fois avec le meilleur tour en course, Kenny Foray a (presque) fait carton plein ce week-end à Lédenon. De quoi donner le moral au boss de l’écurie berruyère, Michel Augizeau, toujours hospitalisé à Paris.

Cela s’est joué à rien. 38/1000e de seconde. Même pas une demi-roue. Et Kenny Foray aurait réalisé le week-end parfait à Lédenon. Mais son pote David Checa ne l’a pas voulu ainsi. Tout s’est joué dans le dernier tour de la course 1, loin devant tous les autres (le 3e, Grégory Lablanc, parti en pole-position, a fini à plus de 7 secondes…). A l’aspi, dans la roue de Checa, Kenny porta son attaque dans le dernier virage mais le pilote Yamaha se décala au même moment. Les deux motos se frôlèrent de si près que Kenny coupa les gaz un court instant pour éviter la chute. Suffisant pour que David Checa conserve un très mince avantage sur la ligne… « J’ai été surpris par la trajectoire mais il n’y a eu aucune faute de sa part, je tiens à le préciser. J’ai préféré couper pour ne pas faire une c… Dommage car la moto allait super bien et je pouvais faire le doublé » expliqua Kenny dimanche soir. Même pas frustré le champion du monde d’endurance 2014. « Tout a été nickel : la moto, l’équipe. Un bon week-end. Je suis vraiment content ! »

Il en aurait fallu davantage pour abattre le pilote Tecmas-BMW. Parti en pole-position, il mena la course 2 à sa guise. Même quand Grégory Leblanc (Kawasaki), le double vainqueur du Mans et de Nogaro, s’empara de la tête au quart de la course, Kenny conserva toute sa lucidité pour porter aussitôt une attaque imparable sur le leader du championnat… Et plus personne ne le revit, sinon après le drapeau à damier. Kenny Foray géra la fin de la course avec la régularité d’un métronome, signant au passage, tout comme en course 1, le meilleur tour en course. Checa était relégué à plus de 4 secondes et Leblanc à 11’’6 pour ce qui ressembla presque à une démonstration. « Et pourtant, on ne peut pas dire que le circuit de Lédenon soit favorable à la BMW. Ce n’est pas un circuit rapide et on ne peut exploiter toute la puissance à haut régime du moteur BMW… » explique Romain La Monica, l’ingénieur Tecmas. « Forcément, on est tous contents des résultats de Kenny. C’est la preuve que le travail paie. Que ce qu’on a fait lors des essais effectués à Lédenon et à Carole, notamment au niveau de l’électronique, a porté ses fruits. Durant tout le week-end, en essais libres puis en qualifications, on a continué à faire évoluer l’électronique et à chaque fois, on a progressé. Et descendu les chronos… »

Pour Michel Augizeau…

Cette première victoire de la saison va incontestablement booster l’écurie berruyère. Et hâter la guérison de Michel Augizeau, toujours hospitalisé à Paris à la suite d’une intervention chirurgicale dont le caractère a priori bénin, ne pouvait laisser prévoir les graves complications survenues ultérieurement. Prévenu par ses deux fils, Kevin et Yann, qui assurèrent l’intérim de leur père à Lédenon, Michel a accueilli la victoire de Kenny avec la joie que l’on devine. Et même si son état de santé l’empêchera de se rendre au Portugal pour les 12 heures de Portimao en championnat du monde d’endurance, il continuera néanmoins à distiller ses consignes avec gourmandise.

« Maintenant, il ne faudrait surtout pas se relâcher » poursuit Romain La Monica. « Je suis persuadé que l’on peut encore progresser en travaillant sur l’électronique. On va faire de nouveaux essais pour être au top à Magny-Cours début juillet… » Avec l’ambition de se rapprocher un  peu plus encore du leader, Grégory Leblanc. « Et pour cela, il faut continuer à gagner ! ». A Lédenon, avec le bonus des meilleurs tours en course et de la pole 2, Foray a engrangé 48 points contre 33 à Leblanc et 45 à Checa, c’est toujours ça de pris. Mais l’écart reste important, en raison essentiellement de son abandon en course 1 au Mans sur crevaison: 136 points pour Leblanc, 118 pour Checa et 99 pour Kenny Foray. Il n’empêche, la course au titre est bien relancée.

De son côté, toujours en Superbike, Maxime Bonnot, diminué par une sciatique et qui a terriblement souffert physiquement, a quand même bien roulé (29e et 27e). « Il a fait le job. Maxime poursuit sa progression. Il sera bien plus fort chez lui, à Magny-Cours » espère-t-on chez Tecmas.

Texte Christian Ragot

Photos Stephane Valembois